Aujourd'hui, nous sommes le :
La petite histoire

Site gallo-romain surélevé de la Gohelle (tombes romaines entre cités des 40 et des Brebis, découvertes en 1937) puis franc (cimetière mis à jour en 1913 sur la concession houillère de la Compagnie de Béthune, alors dirigée par M. Mercier mais dispersée par les bombardements dés 1914 avant qu’on ait pu l’étudier !). La préhistoire de Grenay fut étudiée par G. Bellanger.

En 1254, Guillaume Brunel, abbé de St Sauveur et d’Anchin fit reconstruire l’église de Grenay et lui octroya 3 muids de terre (150 à 180 ares). Le hameau totalisait 5 feux ou familles dés 1469, après avoir été ravagé par les flamands en 1303.

Dés 1513, de nouveaux ravages par les troupes franco-albanaises de Louis XII frappent Grenay, puis par Charles Quint en 1537 lors de la marche sur Hesdin ; la misère devint telle que Grenay fut exempté d’impôts de 1555 à 1560 !

Lors de sa bataille de Lens, Condé, le 20 août 1648 aurait affirmé que Grenay se résumait à 3 feux (20 personnes au plus), il s’agissait essentiellement de familles à vocation agricole.

Les dévastations reprennent de 1709 à 1712 (guerre de succession d’Espagne) ; la paix d’Ultrecht en 1715 assure une trêve jusque la Révolution. Jusqu’à cette dernière, la seigneurie de Grenay appartenait à l’abbaye d’Anchin, comprenant une cense (ferme) de 450 mesures (environ 124 ha) qui rapportait dîme, droits de relief, rentes.

L’église une nouvelle fois reconstruite de 1753 à 1755 et succursale de Bully les Mines, s’appelait St Maclou au moins depuis 1674. En 1781, le seigneur Guillaume Dusaulchoy, bailly de Grenay, qui dépendait alors du baillage de Lens, lui octroya sa cloche. Ce n’est qu’en 1878 q’elle s’appela N.D. du Mt Carmel.

Le seul site historique de Grenay reste l’Arbre de Condé, situé sur une éminence qui embrasse la plaine de Lens, entre les communes actuelles de Liévin et Grenay.

Après la Révolution Grenay se sépara administrativement de Bully les Mines : ce fut une commune de 322 ha rattachée au canton de Lens, sous préfecture de Béthune , préfecture d’Arras.

Sa véritable expansion correspond à 1853, quand la Compagnie de Béthune obtint une concession houillère de 57 km² couvrant 20 communes, dont Grenay. Dés 1878, 7 puits produisaient 425000 T de houille avec plus de 2500 ouvriers.

Depuis 1960, la concurrence pétrolière réduisit l’extraction et l’emploi, avec aggravation dés 1973, d’où une population vieillissante et décroissante jusqu’en 1982.


Le cimetière britannique de Grenay

Les commémorations du 90ème anniversaire de la bataille d’Arras sont l’occasion de rendre hommage à ceux qui ont combattu sur notre sol pendant la Grande Guerre . Notre région a été traversée par des soldats de quarante nationalités différentes.

Les traces de ce conflit sont nombreuses, que révèlent encore aujourd’hui l’archéologie. C’est le cas également des cimetières. Dans chaque ville ou village, existe un carré militaire au cimetière communal et un peu partout sont disséminés les cimetières britanniques entretenus par la Commonwealth War Graves Commission, constituée par charte royale du 21 mai 1917, sous l’impulsion de Sir Fabian WARE.

Sur le territoire de Grenay, à proximité du front, une parcelle de terrain a été utilisée pour le regroupement des tombes des champs de bataille environnants.

Durant la grande guerre

En Grande-Bretagne, la décision fut prise de ne pas rapatrier les restes des soldats tombés lors des combats sanglants et celle de construire des mémoriaux destinés à commémorer à perpétuité le sacrifice des soldats de l’Empire afin que les générations futures n’oublient pas. Ce qui souleva une forte opposition mais, « l’idéal d’une fraternité dans la mort dépassant les notions de race, de foi ou de richesse » l’emporta grâce à la ténacité du président de la Chambre, un certain Winston CHURCHILL.

A Grenay, un arrêté préfectoral du 8 août 1922 crée, au lieu-dit « Chemin de Loos », un cimetière en vue d’assurer la sépulture des soldats des armées françaises et alliées décédés pendant la guerre. Les sépultures furent d’abord marquées par des croix de bois. Par la suite, elles seront remplacées par des stèles rectangulaires pour les soldats de l’Empire britannique et par des croix latines pour les soldats français. Un muret en briques sera construit autour du cimetière.

Le « cimetière britannique de Maroc » est situé sur un terrain de 55, 88 ares. Il contient les tombes de 1201 Britanniques, 178 Canadiens, 22 Français et 23 Allemands, soldats ou aviateurs.

En haut de chaque stèle, est gravé l’emblème national ou l’écusson de l’armée ou du régiment, suivi du grade, du nom, de l’unité, de la date de décès, de l’âge et d’un emblème religieux approprié, et, tout en bas, dans la plupart des cas, une inscription choisie par la famille.

Les pierres tombales se tiennent debout dans des bordures où poussent des rosiers, dans un cadre de pelouses, arbres et arbustes.

Deux monuments sont communs aux cimetières britanniques : la Croix du Sacrifice, conçue par Sir Reginald BLOMFIELD représentant la foi de la majorité, fixée sur une base octogonale, portant sur sa flèche une épée en bronze, et la Pierre du Souvenir conçue par Sir Edwin LUTYENS représentant les autres religions et ceux qui n’en avaient pas, portant l’inscription tirée du Livre de l’Ecclésiaste : »Leur nom vivra à jamais ».

Un petit mémorial a été érigé, consacré aux disparus qui n’ont pas de sépultures connues.

A l’entrée du cimetière, on trouve une boîte à registres encastrée dans le petit pilier : elle contient les noms des soldats enterrés en ce lieu et diverses informations.

Le cimetière est entretenu avec un soin manifeste : il donne l’impression d’un jardin, dans un décor de paix et témoigne du fait que « le sacrifice de ceux qui reposent dans ce cimetière n’a pas été oublié ».

A la veille des importantes commémorations qui se dérouleront à Vimy, ces lieux de mémoire incitent à la réflexion et contribuent ainsi au travail de mémoire.

Recherches : Philippe EGU